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Départ de Soeur Marie-Claude Gabillet

publié le 23 mai 2015 à 13:36 par Jean Michel   [ mis à jour : 23 juin 2015 à 00:26 ]
Chers Amis Hospitaliers, chers Frères et Sœurs en Jésus-Christ,

Notre Sœur Marie-Claude GABILLET est décédée hier vendredi 22 mai 2015 à
la maison de retraite des Sœurs La Providence 40 rue de Loire 49620 La Pommeraye.

Nous serons en union de prière mardi à 10 heures pendant la cérémonie avec
Ceux et Celles qui lui diront “Au Revoir”.
Christiane CHARRON et Muriel DAUBIGIE qui l’ont accompagnée à Lourdes il y a une semaine seront présentes.

Gardons le souvenir de Marie-Claude qui ne manquait ni de caractère ni d’humour!

Avec notre affection !

Hubert PAUL, Vannes le 23 mai 2015,


" Beaucoup d’hospitaliers du PMI à Lourdes ont connu Sr Marie Claude. Cette année encore elle était parmi nous lors de ce 57ème pèlerinage du 15 au 17 mai 2015. Puis à l’appel discret de la Saint Vierge elle est partie la rejoindre quatre jours après son retour à la communauté des Sœurs de la Providence à la Pommeraye sur Loire (près d’Angers) où elle demeurait.

En mémoire pour notre amie et pour répondre à une demande, nous sommes heureuses de partager avec vous ces quelques lignes sur ce que fut sa vie et son engagement auprès de ses frères et sœurs en Jésus Christ. Mais parler de son amie lorsqu’elle n’est plus là c’est prendre deux risques, d’une part s’exposer face à ceux qui pensent que les propos énoncés sont indubitablement « exagérés », comme si le masque de ses vulnérabilités laissait penser qu’elle en était dépourvue et d’autre part veiller à respecter ce à quoi elle accordait une importance capitale à savoir la simplicité et l’authenticité.

C’est en nous adressant à elle, en lui écrivant une lettre que peut être nous vous la ferons mieux connaitre et que nous lui disons au-revoir."

Muriel et Christiane


A toi, très chère Marie- Claude,

Tu es partie ce vendredi 22 mai matin discrètement comme tout ce que tu as accompli dans ta vie. Tu viens de vivre ton 57ème PMI avec une sérénité que nous sommes nombreux à avoir remarquée.

Nous savons combien tu étais discrète sur ton histoire et notamment au sujet de ta petite enfance. Un jour pourtant tu nous as confié être née le 10 juillet 1926, et être la plus jeune d’une fratrie de 8 enfants. Tu n’as pas connu la joie et la tendresse d’être entourée par des parents aimants et bien que très discrète à ce sujet nous avons compris combien cette réalité est restée inscrite au plus profond de toi comme une plaie douloureuse jamais cicatrisée.

Tu as choisi plus tard de t’engager auprès de Jésus à qui tu as dit « oui » pour la vie et auprès des enfants. Après des études d’infirmière puis de puéricultrice tu as exercé auprès des enfants en ayant le souci permanent de la famille. Tu as commencé à Agen en maternité puis ta carrière s’est déroulée ensuite auprès des enfants malades à Angers dans deux cliniques privées (Saint Claude puis l’Espérance). Nous nous souvenons, tu nous racontais que tu travaillais la journée et puisque tu couchais sur place, il était comme une évidence de faire appel à toi la nuit si besoin. Nous t’avons écoutée des heures nous relater les conditions dans lesquelles tu travaillais et qui n’ont jamais été un motif de plainte de ta part mais surtout nous avons deviné et compris combien tu étais une infirmière compétente, efficace, drôle et déterminée. Rien ni personne ne t’a arrêtée dans ton combat pour sauver un enfant de la mort ou dans ta détermination et ton enthousiasme pour lui permettre de vivre au mieux sa maladie.

Après des années de bons et loyaux services comme « surveillante en pédiatrie » tu as poursuivi ton engagement au service de tes frères et sœurs en étant très active à l’aumônerie de l’hôpital de Tours et plus particulièrement à Clocheville dans les services de pédiatrie.

« Engagée un jour, engagée toujours » tu t’es mise au service des malades à Lourdes comme infirmière au Pèlerinage Militaire International pendant plus de 35 ans, puis ta santé ne t’a plus permis de soigner les autres alors tu es venue comme malade toi-même à ce rendez-vous annuel si important pour toi et là également tu nous as tant donné !

Au cours de ce 57ème PMI, nous revoyons le moment où tu remercies Vincent ce jeune saint-cyrien d’avoir poussé le brancard sur lequel tu étais installée. Ton visage est serein, ton sourire lumineux et cela contraste avec ton corps affaibli par l’âge et le handicap. Il nous semble que Vincent l’a perçu et avec un regard attendri et reconnaissant il te répond « non c’est moi qui vous remercie ma sœur ». Encore un moment de grâce en ta compagnie où ce que tu donnes crée du bonheur à celui qui reçoit. A ce PMI, une fois encore nous avons été témoins de ton attention constante à tous ceux qui te sont proches, qu’ils soient bien portants ou souffrants : un petit mot à Marcel « ton compagnon de brancard », à Michel juste pour t’enquérir que tout va bien pour lui, à Hélène à qui tu témoignes une véritable tendresse et à tant d’autres… Tu n’oublies pas non plus ceux et celles qui n’ont pu être présents, Alain et Titi, Marie BIGOT «notre miraculée» (comme tu la nommais), Hubert, Nicole et la liste est encore longue... Tu nous confies « les porter dans ton cœur».

Nous restons encore émues de ce moment à la grotte où tu as «mené » la prière à Marie en égrenant les grains de ton chapelet. Le son de ta voix, ta présence à Marie dans la prière ont été une fois encore d’une telle intensité que tu as nous entraînées avec une joie paisible à vivre ce moment en union avec toi.

Jamais nous n’oublierons ton humour et ta joie de vivre même au plus creux de ta solitude lors des épisodes douloureux que tu as connus. Ton dos en a supporté beaucoup mais il a été à l’origine de biens des limitations dans tes actions. Après une intervention pour ta « hernie fiscale » (entendez ici hernie discale), tu nous as recommandé de prendre toutes les précautions lors des manipulations de ton « gilet pare-balles » (corset en plâtre). Nous nous sommes appliquées et petit à petit tu as appris à vivre avec « ta tour Eiffel dans le dos» (plaque métallique mise lors d’une intervention).

Nous gardons en mémoire également les moments plus sérieux comme « les élections de ton gouvernement » (le Chapitre à la communauté) où tu nous demandais de nous associer à votre prière. En parlant de prière sache que tu nous as fait sourire jusqu’au bout. A la lecture d’un verset du psaume lors de ta messe d’A-Dieu, «le Seigneur répond à celui qui l’appelle… » nous nous sommes rappelées tes propos « parfois j’appelle et Il ne me répond pas, Il doit être en RTT ! ». Eh bien maintenant que tu es auprès de ton « époux dont tu ne sais pas vraiment l’âge1 » soit heureuse et repose en paix.

Merci Marie Claude pour ce que tu as été, ce que tu as donné. Ta discrétion, ta douceur et ton humour vont nous manquer mais c’est promis si nos horizons s’assombrissent nous penserons à toi et nous savons alors que nous retrouverons le sourire ! " 


1. Une autre histoire vraie de Sr Marie Claude. Un jour elle reçoit un appel téléphonique d’un magasin
Bonjour Madame, nous sommes heureux de vous annoncer que vous avez gagné un salon
Chouette, je suis contente, d’habitude je ne gagne jamais rien !
Acceptez- vous de répondre à quelques questions ?
Avec plaisir
Etes-vous mariée ?
Oui
Puis je vous demander l’âge de votre conjoint ?
Alors là, très précisément je ne peux pas vous dire, car tous ne sont pas d’accord sur ta date de naissance mais il a 2000 ans !
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Après un blanc au téléphone Sr Marie Claude ajoute : je suis religieuse vous comprenez !!


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